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    Voeux du Conseil Départemental de la Côte-d’Or : « La Côte-d’or terre d’expériences »

    François Sauvadet entouré des conseillers départementaux a présenté ses voeux aux élus et forces vives du département.

    Discours de François Sauvadet :

    « Soyez les bienvenus en cette salle d’honneur de la Cité Henry Berger du Département.

    Jamais sans doute autant qu’aujourd’hui, nos sociétés auront été confrontées à des menaces d’une telle ampleur et à des défis aussi considérables.

    Et vous êtes, Madame la préfète de Région, avec les autorités judiciaires, militaires et de sécurité, avec nos gendarmes, nos policiers, nos pompiers, en première ligne de la lutte contre le terrorisme.

    Il y a eu d’abord cette terrible journée du 7 janvier 2015 qui a marqué le retour du terrorisme de grande ampleur sur le territoire national.

    Puis les attentats de Paris en novembre 2015, et Nice, le 14 juillet dernier, jour de la fête nationale.

    D’autres tragédies sont survenues, je pense au meurtre du commandant de police Jean-Baptiste Salvaing et de sa compagne Jessica Schneider la nuit du 13 juin dernier à Magnanville (Yvelines).

    Je pense aussi au meurtre du père Jacques Hamel, curé de la paroisse de Saint-Etienne-du-Rouvray (près de Rouen), le 26 juillet dernier.

    Oui nous sommes confrontés à une guerre d’un type nouveau, qui peut frapper partout et à tout moment et je veux rendre hommage à tous ceux qui assurent notre sécurité, à l’intérieur comme à l’extérieur de nos frontières.

    Et j’ai encore en mémoire la mort de nos trois soldats du 511ème Régiment du train morts dans le cadre de la lutte contre des groupes armés terroristes.

    Oui nous sommes toujours en guerre, les attentats de Berlin et d’Istanbul nous le rappellent douloureusement.

    Et la réponse à apporter, c’est bien sûr la traque sans relâche des terroristes, mais la meilleure réponse, c’est de ne renoncer à aucun moment aux valeurs qui fondent notre pacte républicain. C’est de continuer à de vivre, c’est d’afficher quotidiennement une attitude de fermeté mais aussi de fierté, de dignité, de confiance et d’unité.

    Les défis qui sont devant nous, liés aux mutations économiques sont aussi des sources de tensions, de difficultés pour tous ceux qui ont perdu leur emploi ou qui peinent à en retrouver un et qui se demandent de quoi leur avenir sera fait.

    Pour la première fois dans notre histoire, nos enfants en arrivent même à penser qu’ils vivront moins bien que leurs parents.

    C’est le signe d’une crise de confiance sans précédent dans leur avenir propre et dans l’avenir collectif.

    Et je ne parle pas aussi des inquiétudes liées aux conséquences des mutations climatiques -sécheresse, inondations…-, avec les risques de courants migratoires qui seront sans commune mesure avec les flux que nous connaissons aujourd’hui.

    Nous avons pourtant des atouts considérables que nous avons la responsabilité collective de mettre en mouvement.

    La France est un beau et grand pays qui a toujours su faire entendre sa voix, une voix forte et singulière en Europe et dans le monde, une voix fondée sur le droit et les libertés.

    Notre responsabilité collective, c’est de créer les conditions de la confiance et de rechercher en permanence les pistes d’innovations qui nous permettront de retrouver l’espoir.

    Alors dans cette période de grands bouleversements, nous avons aussi connu des profondes mutations institutionnelles et territoriales.

    Était-ce le bon moment, était-ce la bonne méthode ?

    Vous connaissez ma position.

    Notre responsabilité collective, c’est d’apporter des réponses aux inquiétudes que ces réorganisations ont provoqué.

    Et dans ce contexte, le Département de la Côte d’Or entend jouer pleinement son rôle.

    Bien sûr les choses ont changé : grandes régions, métropoles, intercommunalités et compétences nouvelles…

    Mais au-delà, ma conviction, c’est que l’un des plus grands défis auquel va être confronté notre pays, c’est l’avenir des territoires. Et à travers les territoires, l’avenir même de la France, la qualité de vie des Français et l’attractivité de notre pays.

    Dans ce monde complexe, le Département de la Côte-d’Or entend jouer pleinement son rôle.

    Beaucoup de nos compatriotes ont aujourd’hui le sentiment de vivre dans une France « d’à côté », une « France périphérique » pour reprendre les mots du géographe Christophe GUILLUY, que j’avais invité à venir s’exprimer devant les Maires de Côte d’Or.

    Si Christophe GUILLUY a posé un diagnostic préoccupant, qui concerne à la fois la paupérisation de certains quartiers urbains et périurbains et le risque de désertification rurale, nous ne pourrons pas rester durablement sans réponses fortes à ce nouveau mal français.

    Comme vous le savez, je me suis toujours gardé d’opposer villes et campagnes mais le constat est là, la fracture existe.

    Et j’ai une conviction profonde : c’est qu’on ne pourra pas fonder l’avenir d’un grand pays comme la France – plus grand que l’Allemagne et le Portugal réunis – sur le seul fait métropolitain.

    Nous avons besoin d’une métropole forte, puissante.

    Mais dans le même temps, on ne peut pas se résoudre à voir des pans entiers du territoire se vider de leurs richesses et de leur substance au risque de voir s’exacerber, voire se développer une forme de macrocéphalie territoriale décrite en son temps – dès 1947!- par le géographe Jean-François GRAVIER.

    Le Département entend jouer pleinement et encore plus fortement son rôle, confirmé par la loi, de garant des solidarités territoriales et humaines.

    Et nous continuerons de nous engager pleinement pour lutter contre ce sentiment de ségrégation spatiale et sociale.

    Et je vous annonce donc qu’en 2017, nous allons prendre une initiative forte, avec des chercheurs, avec l’Université, avec les entrepreneurs, les acteurs du territoire, pour faire de la Côte-d’Or le laboratoire des innovations territoriales et des nouveaux modes de vie.

    Entre des régions vastes et éloignées et des métropoles concentrées, nous devons faire de la révolution numérique, de la mise en réseau d’innovations de villes moyennes, de la mise en réseaux des productions et des nouveaux modes de consommations, pour permettre aux habitants de bien vivre sur 100 % du territoire.

    Vous le savez, l’ancien ministre de l’agriculture, Edgard Pisani, qui nous a quittés cette année, disait que « aménager le territoire, c’est prendre conscience de l’espace français comme richesse et comme devoir. »

    Oui, je veux le redire ici, à Dijon, que tout l’espace Côte-d’Orien est une richesse et donc un devoir.

    Et ce défi du 21ème siècle pour la Côte-d’Or, c’est aussi un défi national, si nous ne voulons pas voir des pans entiers du territoire national se vider.

    Oui le Département de la Côte-d’Or continuera son action, pas simplement pour protéger les Côte-d’Oriens les plus fragiles et les territoires, mais pour les mettre en mouvement, pour les accompagner afin qu’ils se voient un avenir nouveau parce que les mutations peuvent et doivent devenir de véritables chances territoriales.

    Oui, nous soutiendrons les initiatives locales, les associations, la vie culturelle et sportive, car elle participe de l’épanouissement et même si nous n’avons plus la compétence économique, nous allons créer un environnement favorable à l’émergence d’une économie moderne grâce au déploiement massif du THD.

    Oui, face aux défis que je viens d’exprimer, la réponse du Département est claire !

    Tout ce que la loi nous permettra de faire pour garantir et assurer un équilibre territorial, nous le ferons.

    Nous allons continuer à agir pour faire de toute la Côte-d’Or, urbaine et rurale, une terre qui fasse coïncider qualité de vie et innovation.

    Et cela vaut pour tous les secteurs – agricoles, artisanaux, industriels, mais aussi à toutes les étapes de la vie.

    A tous ceux qui s’inquiètent de l’avenir de nos communes, je veux redire aux Maires, à leurs conseils municipaux, qu’ils sont une formidable chance pour le pays.

    Vous êtes en première ligne des solidarités. Vous êtes le premier maillon de cette politique de la proximité et du quotidien auxquels nous sommes si attachés.

    Nous resterons à vos côtés.

    Et parce que cette proximité est essentielle, je veux vous confirmer que nous maintiendrons notre présence dans les territoires : cette présence du service public départemental sera maintenue et garantie en 2017.

    Cela vaut pour nos collèges, nos centres routiers, nos agences et accueils solidarité famille …

    Car le maintien de cette présence est le signe que nous ne cédons pas à la tentation de la concentration et du repli.

    Pour terminer, je n’oublie pas les solidarités humaines : elles doivent être assumées avec fermeté mais aussi avec humanité.

    Cela veut dire assurer à nos compatriotes que l’assistance doit aller à ceux qui y ont droit, et qu’elle doit permettre à chacun de sortir de la situation d’isolement ou de fragilité dans laquelle la dureté de la vie les a projetés.

    Et je veux rendre hommage à tous ces acteurs de terrain, les associations notamment.

    J’ai eu l’occasion de rappeler, lors de la 1ère édition des Assises du Bénévolat en Côte-d’Or, à quel point l’engagement associatif est une chance.

    Dans le monde difficile dans lequel nous vivons, la vitalité et la diversité du tissu culturel, caritatif, sportif… constituent une des clés formidables pour le vivre-ensemble.

    Notre Département compte pratiquement 108 000 bénévoles, soit près de 20 % de la population côte-d’orienne.

    Là encore, nous avons un double défi devant nous : renouveler cette force des bénévoles et la présence territoriale des associations.

    C’est donc à l’ensemble des bénévoles que je souhaite rendre hommage ce soir, et leur dire que nous resterons là aussi à leur côté.

    Alors oui, nous avons des raisons d’espérer en 2017.

    Il faut tout faire pour que 2017 soit une année utile, c’est-à-dire qui redonne confiance, qui porte une vraie espérance pour notre pays.

    Je souhaite que les débats qui vont s’ouvrir dans la perspective des élections présidentielles et législatives soient constructifs et permettent de faire émerger des solutions nouvelles et réalistes pour répondre aux préoccupations de nos compatriotes, alors que le populisme prend racine, que la défiance des peuples à l’égard de leurs dirigeants s’accroit, les futurs élus ne devront plus décevoir, au risque d’ouvrir la porte à toutes les aventures.

    Je souhaite que ce soit aussi une année utile aussi pour la Côte-d’Or, dont nous allons faire un véritable laboratoire national des innovations et des modes de vie.

    Alors oui, je veux redire ma confiance en chacune et en chacun d’entre vous pour faire en sorte que 2017 soit une belle et grande année.

    Entre le pessimisme désespéré et l’optimisme satisfait, la seule certitude raisonnable est le volontarisme (Albert JACQUART).

    A chacun d’entre vous, je tiens à adresser tous mes vœux de bonheur pour cette nouvelle année, que la vie nous soit plus douce avec une pensée particulière pour les plus vulnérables d’entre nous, ceux que l’âge a affaiblis, ceux que les accidents de la vie ont éprouvés.

    Voilà les vœux que je forme, en 2016, pour la Côte-d’Or et pour la France.

    Que vive la Côte-d’Or,

    Que vive la République,

    Et que vive la France ! »