• Un encombrant héritage…

    Dans un post que j’avais écrit juste avant le premier tour de l’élection présidentielle, j’avais dénoncé les errements politiques, les erreurs économiques et les fautes personnelles de François Hollande, tout au long de son quinquennat.

    « Merci pour ce moment » avais-je alors ironisé, pour parodier l’ouvrage éponyme de Valérie Trierweiller.

    « Merci pour ce cadeau » est le deuxième tome de ce bilan des cinq années passées par François Hollande au Palais.

    Et c’est la Cour des Comptes qui me donne l’occasion de l’écrire.

     

    Mercredi 31 mai, les magistrats de la Rue Cambon ont en effet publié un intéressant rapport sur « le budget de l’Etat en 2016 ».

    Ce document valide, a posteriori, la thèse que la droite et le centre défendaient depuis un an. A savoir que François Hollande, alors engagé dans un combat pour sa réélection, avait ouvert en grand les vannes de la dépense publique.

    On connaît la suite de l’histoire. François Hollande a été empêché de se représenter face à une impopularité récurrente. Le problème, c’est que ses cadeaux et sa stratégie empirique et électoraliste en matière de finances publiques mettent désormais le nouvel exécutif dans l’embarras.

    La Cour des Comptes dit tout d’abord que le déficit budgétaire ne s’est pas réduit entre 2013 et 2016, comme le prétendaient pourtant François Hollande et son grand argentier, Michel Sapin. Je cite la juridiction financière : « Le déficit budgétaire 2016 est supérieur à celui de 2013 ». De 3 milliards d’euros.

    Les magistrats financiers ont également relevé, et dénoncé dans leur rapport, plusieurs artifices comptables et recettes exceptionnelles qui ont permis de boucler le budget 2016. Une manœuvre de courte vue puisque ce sont les exercices 2017 et suivants qui seront immanquablement impactés.

    Il fallait sans doute montrer une « maison en ordre » pour crédibiliser une nouvelle candidature Hollande.

    Cette gestion budgétaire clairement électoraliste renforce « les incertitudes sur la trajectoire budgétaire à court et moyen terme » et « fragilise la capacité de l’Etat à tenir ses engagements budgétaires en 2017 et les années suivantes ».

    Ce n’est pas moi qui le dis mais la Cour des Comptes.

    Concrètement, il est impossible que l’objectif de déficit public, fixé par l’ancien Gouvernement à 2,8% du PIB pour 2017, soit atteint. La plupart des observateurs estiment qu’on sera très largement au-dessus des 3% du PIB, Gilles Carrez, actuel président LR de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, annonçant même un piteux 3,3%.

    On est donc très loin des déclarations triomphantes de Michel Sapin, lequel a passé son temps, lors de son passage à Bercy, à vanter le « sérieux budgétaire » du Gouvernement auquel il appartenait alors.

    Surtout, ce rapport de la Cour des Comptes n’est probablement que le premier étage d’une fusée budgétaire à deux niveaux. Commandé par Emmanuel Macron lors de son entrée à l’Elysée, l’audit sur les finances publiques du pays sera dévoilé le lundi 3 juillet prochain. Et nul doute qu’on devrait en apprendre encore sur la situation de nos finances publiques.

     

    Je ne peux m’empêcher de me remémorer la conférence de presse de Michel Sapin, en septembre 2016, quand il avait détaillé le projet de budget 2017.

    Il avait alors présenté un budget dynamique et dans les clous européens.

    Moins d’un an après cet exercice d’autosatisfaction, la Cour des Comptes a donc fait la lumière sur les tours de passe-passe de Michel Sapin. Elle a validé l’existence des bombes à retardement financières que la droite et le centre avaient dénoncées durant la campagne présidentielle.

    C’est désormais Emmanuel Macron qui va devoir gérer cet encombrant héritage…