• Territoires : assez de promesses et de communication, place aux actes

    C’est bien de passer plus de 12 heures au Salon de l’agriculture. C’est bien d’aller sur le terrain et de ne pas rester enfermer dans sa forteresse parisienne. C’est même essentiel. Mais ce n’est pas suffisant.

    Les habitants des territoires en ont marre des promesses non tenues. Ils demandent des actes. Ils ne veulent plus des grands barnums parisiens en visite dans les campagnes qui s’apparentent à de gigantesques opérations de communication. Ils exigent des preuves d’amour. Du tangible. Des décisions qui contribueront à améliorer leur quotidien et à rendre leur vie meilleure. Des décisions qui ne videront pas leurs villages des derniers services publics.

    Et des preuves, l’exécutif peut leur en donner à foison. Rapidement. Concrètement.

    Des exemples ?

    Le Gouvernement peut d’abord revenir sur la généralisation de la baisse de la limitation de vitesse à 80 km/h sur le réseau routier secondaire. Cette mesure pénalisera avant tout les habitants des territoires, obligés de se servir de leur automobile pour leurs déplacements du quotidien. Ca ne coûte rien et ça peut être mis en place rapidement. Edouard Philippe peut engager la négociation avec les présidents de Département pour déterminer sur quels tronçons on pourrait abaisser la limitation de vitesse. Je suis pour ma part disponible pour travailler en intelligence avec les services de l’Etat et faire du cas par cas, au plus près des réalités du terrain.

    L’exécutif peut ensuite revenir sur les projets mortifères de réorganisation hospitalière qui se multiplient dans les territoires ruraux sous l’égide des Agences régionales de santé. Quand l’ARS décide de fermer des services d’urgences dans les hôpitaux ruraux, l’Etat envoie un signal désastreux aux habitants des zones rurales. On leur fait en effet comprendre que leur vie vaudrait moins que celle des citadins, ceux qui ont la chance de disposer de tous les équipements dans les villes. Pourtant, l’accès aux soins doit être le même pour tous, qu’on habite dans une métropole ou un village.

    Le ministre de l’Agriculture peut également décider de revoir la nouvelle carte des zones défavorisées simples, les fameuses ZDS. Pour la seule Côte-d’Or, une soixantaine de communes devraient être exclues du nouveau classement en ZDS. Ce qui serait catastrophique pour tous les agriculteurs concernés.

    Enfin, la ministre des Transports peut rassurer les élus locaux et régionaux sur le devenir des « petites lignes ferroviaires » que le rapport Spinetta veut voir disparaître. Alors, oui, Edouard Philippe a annoncé que ce n’était pas à l’Etat de décider, depuis Paris, de l’avenir, de 9.000 km de lignes ferroviaires secondaires. Mais cela veut-il dire pour autant que l’avenir de ces petites lignes est assuré ? Pas vraiment. Si l’Etat ne met pas la main à la poche, tout le monde sait pertinemment que les Régions n’auront pas les moyens de sauvegarder ces lignes indispensables à un aménagement harmonieux des territoires. L’Etat doit s’engager avec plus de conviction.

    Plutôt que se mobiliser à travers de vastes opérations de com’ dans les territoires, avec force journalistes et caméras, Emmanuel Macron a donc la possibilité d’agir très concrètement et très rapidement pour prouver aux habitants de nos campagnes qu’il est le président de tous les Français. Et pas seulement le « président des villes et des riches »…