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    Pourquoi je soutiens le boycott de la Conférence nationale des territoires

    Dans un communiqué de presse commun publié aujourd’hui, mardi 3 juillet, François Baroin, président de l’Association des Maires de France, Dominique Bussereau, président de l’Assemblée des Départements de France, et Hervé Morin, président de Régions de France, annoncent qu’ils ne participeront pas à la prochaine Conférence nationale des territoires prévue le jeudi 12 juillet prochain.

    Au nom du groupe Droite, Centre et Indépendants, que je préside au sein de l’ADF, je soutiens cette démarche et m’y associe pleinement.

    Le Gouvernement avait imaginé cette Conférence nationale des territoires comme une instance de dialogue et de négociations réunissant le pouvoir central et les représentants des collectivités. Après un an d’existence, force est de constater qu’elle n’a pas rempli ses objectifs.

    Non seulement la voix des élus locaux n’est pas entendue mais on peut même dire qu’elle n’est pas écoutée.

    Toutes les décisions annoncées depuis des mois par l’exécutif sont en effet systématiquement défavorables aux collectivités locales et aux territoires. Que ce soient les contrats de maîtrise de la dépense locale, les transferts de charges non compensées, la politique de déménagement du territoire impulsée par l’Etat, toutes les décisions du Chef de l’Etat et de son Premier ministre vont dans le sens d’une recentralisation rampante et confuse mais bien réelle.

    Emmanuel Macron a beau jeu de communiquer sur un « pacte girondin » alors que la France n’a jamais eu un Président aussi jacobin depuis des années.

    Je pense que c’est une erreur fondamentale et stratégique : la solution aux maux de notre pays n’est pas moins de décentralisation mais plus de décentralisation.

    Les collectivités locales sont des maillons essentiels de l’organisation de notre pays, au plus près du terrain, au plus près des citoyens et de leurs préoccupations. Elles font mieux que l’Etat, sont plus efficaces. Pour moins cher. Elles gèrent mieux l’argent public et sont plus réactives aux besoins exprimés au quotidien.

    Il faudrait leur donner plus de responsabilités et les moyens d’assumer leurs compétences quand l’Etat central fait exactement le contraire.

    La Conférence nationale des territoires est devenue le prétexte d’un simulacre de dialogue. C’est « Je décide, vous exécutez » pour parodier un ancien Chef de l’Etat.

    Non.

    Ce n’est pas cela le dialogue.

    Le dialogue, c’est un échange. Quand un seul intervenant s’exprime, sans écouter ses interlocuteurs, ça s’appelle une chambre d’enregistrement.

    Et ça, les élus locaux n’en veulent plus.

    Voilà pourquoi nous ne participerons pas à un nouveau simulacre de dialogue le 12 juillet prochain. L’Etat parlera, comme d’habitude. Mais il sera tout seul.