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    Pic de crue à Paris : il y a urgence à agir !

    La Seine a atteint hier son pic de crue à près de 6 mètres à Paris. Nous sommes une nouvelle fois, comme en 2016, passés tout près d’une véritable catastrophe. Les experts s’accordent à dire qu’à partir de 6,80 mètres au pont d’Austerlitz, l’inondation serait particulièrement grave à Paris et on mesure déjà les conséquences en Ile-de-France. L’OCDE estime qu’une telle crue pourrait engendrer 5 millions de sinistrés, 30 milliards d’euros de dégâts et 40 000 chômeurs temporaires.

    Nous avions, dès les inondations de juin 2016, bien mesuré les risques encourus. Avec le Préfet Carenco, alors Préfet coordinateur de Bassin, nous avons engagé la mise en place d’un diagnostic sur le fonctionnement hydrologique du bassin de la Seine et proposé des solutions pragmatiques pour éviter le pire et le pire est devant nous.

    D’ici à la fin du siècle, le changement climatique va entrainer une accélération de ces phénomènes, avec des périodes de sécheresses plus marquées et des risques d’inondations majeurs accrus.

    Cet hiver à nouveau, les quatre grand lacs réservoirs en amont du bassin de la Seine ont joué parfaitement leur rôle de protection. Les lacs Aube et Seine sont à cette heure saturés et celui de Der rempli à 80 %. Leur mission de régulation a été déterminante. Qu’en serait-il au printemps, si des pluies massives survenaient au moment où ils sont déjà remplis ?

    Il y a urgence à conduire dès maintenant des actions de fond pour assurer la prévention des crues : une meilleure gestion du fait urbain, la désimperméabilisation des surfaces, la limitation de la construction en zone inondable, ainsi qu’une meilleure gestion des zones d’expansion des crues naturelles actuelles. Cela, c’est le moyen et long terme.

    Mais aujourd’hui, le cas de Paris et des communes de l’Ile-de-France doit être considéré avec la plus grande urgence. La question de la construction d’un nouvel ouvrage est essentielle.

    Cela passe par une nouvelle réserve. Le projet de casiers de la Bassée doit être accéléré. Cette option a été largement étudiée et apparait comme la plus opportune pour réduire l’onde de crue de la Seine en aval et protéger Paris.

    Quelques centimètres de réduction de crue pourront demain éviter le pire.

    Oui. Il y a urgence à agir !