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    Limitation de la vitesse à 80 km/h : une fois de plus, le Gouvernement décide sans consulter

    D’un côté, le Gouvernement explique « réfléchir » à une baisse de la limitation de vitesse à 80 km/h sur les routes nationales et départementales sans séparateur central. De l’autre, on apprend que la Délégation à la Sécurité routière, qui dépend directement du ministre de l’Intérieur, vient d’envoyer en catimini une note aux préfets dans laquelle sont détaillés tous les « avantages » d’une telle mesure et la méthodologie pour la mettre en œuvre.

    Dans les faits, il apparaît que le Gouvernement a d’ores et déjà tranché et qu’il l’annoncera officiellement en janvier, lors de la prochaine réunion du Comité interministériel à la Sécurité routière.

    Voilà, une fois de plus, un bel exemple de concertation version Emmanuel Macron.

    Alors que les Départements gèrent près de 380.000 km de routes départementales, ont-ils été consultés sur le sujet ? A-t-on pris contact avec leurs services pour déterminer quelles parties de leurs réseaux pourraient être spécifiquement concernées par cette baisse de la vitesse en raison, par exemple, d’une dangerosité avérée ? L’ensemble du réseau routier secondaire justifie-t-il une généralisation de la mesure ?

    Rien de tout cela. Enfermée dans sa tour d’ivoire parisienne, la Délégation à la Sécurité routière a décidé toute seule, justifiant cette disposition par des études dont elle-seule a connaissance des résultats ou d’expérimentations dont personne ne peut dire avec certitude qu’elles sont une réussite.

    Contestant ce choix arbitraire, le Conseil départemental de la Côte-d’Or a adopté à l’unanimité un vœu, lors de sa dernière session, lundi 18 décembre. « L’abaissement de la limitation de vitesse constitue, après l’augmentation massive de la fiscalité sur les carburants, une nouvelle mesure coercitive, qui exposera davantage les automobilistes des zones rurales aux conséquences induites de cette réforme » écrivent les élus Côte-d’oriens, lesquels demandent au Gouvernement « de privilégier des solutions pragmatiques au cas par cas sur les tronçons les plus accidentogènes ».

    Il est inacceptable qu’une nouvelle fois, Paris impose unilatéralement son choix aux territoires.