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    Limitation de la vitesse à 80 km/h : « Circulez, il n’y a rien à voir »

    J’apprends ce soir qu’Edouard Philippe a signé ce vendredi 15 juin le décret abaissant la limitation de vitesse à 80 km/h sur le réseau routier secondaire.

    Dans une forme de jusqu’au-boutisme incompréhensible, le Premier ministre a donc rejeté la main que lui tendaient les présidents de département et les sénateurs depuis plusieurs mois.

    Pour qu’une mesure soit acceptée et respectée par les Français, il faut qu’elle soit justifiée et comprise. Ce n’est manifestement pas le cas de cet abaissement généralisé de la vitesse sur le réseau routier secondaire. Les présidents de département, qui gèrent quelque 380.000 km de routes départementales, sont les mieux placés pour adapter, avec les préfets, les forces de police et de gendarmerie et les élus locaux, la vitesse sur les tronçons les plus accidentogènes. Ils le font au quotidien. Dans un souci permanent de sécurité routière.

    Nous, présidents de département, ne voulons pas moins de sécurité routière mais « mieux » de sécurité routière, c’est-à-dire une adaptation des mesures de réduction de vitesse aux risques identifiés.

    Edouard Philippe n’a tenu aucun compte des nombreuses propositions constructives que les présidents de département et les sénateurs ont formulées depuis des mois, s’arc-boutant sur les résultats d’obscures études et d’une expérimentation sur quelques dizaines de kilomètres.

    Encore une fois, une décision parisienne et technocratique, prise en haut, va s’appliquer à la France d’en bas, la France des territoires, la France rurale. Cette France où les habitants ont besoin de leur automobile pour aller travailler ou pour les actes de la vie quotidienne.

    Cette mesure générale ruralicide et injustement coercitive sera le boulet du Gouvernement. Les débats qui ont précédé l’application de l’abaissement de la vitesse ont montré un profond ras-le-bol des Français à l’égard de ceux qui leur imposent des mesures technocratiques. Et la colère sourde qui touche actuellement le pays sera encore accentuée quand les Français perdront des points sur leur permis en roulant à 82 ou 83 km/h.

    En signant le décret, Edouard Philippe s’est attaché ce boulet au pied. Il va le trainer, et le Gouvernement avec, pendant de longs mois…