• Législatives partielles : les électeurs donnent un carton jaune à Emmanuel Macron…

    Les dimanches 28 janvier et 4 février, deux élections législatives partielles ont eu lieu dans le Val-d’Oise et le Territoire de Belfort après l’annulation des résultats des scrutins de juin dernier.

    Dans les deux cas, ce sont des candidats LR qui l’ont emporté face à des candidats soutenus par la majorité présidentielle d’Emmanuel Macron. C’est peut-être un détail pour certains, mais pour moi, ça veut dire beaucoup.

    J’entends tous ceux qui tentent de minimiser la portée de deux élections qui ont connu un taux d’abstention record. Mais si nous nous intéressions à ceux qui ont fait l’effort de voter plutôt qu’à ceux qui ont préféré rester chez eux ? Quel a été le message des électeurs ce dimanche ? Quels enseignements pouvons-nous tirer de ce résultat ? J’en vois trois.

     

    D’abord, le candidat LR, soutenu par l’UDI, l’a emporté dans les deux cas. C’était attendu dans le Territoire de Belfort, plus surprenant dans le Val-d’Oise. Cela prouve que, quand Les Républicains et l’UDI partent unis au combat, ils ont de réelles chances de victoire.

    J’espère que l’UDI, mon parti, comme Les Républicains tireront les leçons de ce dimanche électoral. J’appelle d’ailleurs Jean-Christophe Lagarde et Laurent Wauquiez à ne pas se tromper d’objectifs. Hors l’alliance entre la droite et le centre, il n’y aura point de salut pour notre camp.

    L’alliance LR-UDI fonctionne dans les collectivités locales. Le Conseil départemental de la Côte-d’Or, que je préside, en est l’exemple vivant. Et le groupe d’opposition de la droite et du centre au Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté montre que LR, UDI et indépendants ont une doctrine et des objectifs communs. Bien sûr que nous avons des sensibilités différentes et certains sujets de divergence. Mais ce qui nous rassemble est tellement plus fort que ce qui nous divise…

    Pourquoi ne pas tenter de reproduire au niveau national ce qui fonctionne parfaitement au niveau local ? Le groupe LR-UDI-DVD que je préside au Conseil régional est un vrai « living-lab » de l’union de la droite et du centre. Un laboratoire où droite et centre expérimentent une gestion et une gouvernance communes. Et ça marche.

     

    Ensuite il y a vrai un problème avec le MoDem. Le cas du Territoire de Belfort est symptomatique mais il peut être généralisé à la Bourgogne-Franche-Comté. En juin, cinq candidats MoDem étaient présents au deuxième tour des législatives dans ma région. Les cinq ont été battus.

    Et nous avons perdu les régionales de peu, faute d’un accord préalablement établi.

    Cela veut dire qu’il faut travailler à un rassemblement sincère sur des valeurs et des visions de l’avenir communes, pas des assemblages de circonstance.

     

    Enfin, les Français ne sont pas dupes. Ceux qui se sont déplacés aux urnes dimanche ont voulu envoyer un message à Emmanuel Macron. Un message clair.

    Il est perçu comme le Président des riches mais aussi comme le Président des fractures territoriales : mieux vaut être un premier de cordée urbain plutôt qu’un fonctionnaire vivant dans les territoires. Mieux vaut être un cadre aisé d’une métropole qu’un agriculteur en zone rurale. Mieux vaut être un urbain avec un gros patrimoine qu’un petit salarié habitant la campagne, obligé de prendre sa voiture pour aller travailler avec un gazole qui augmente exagérément.

    Le résultat de dimanche est un désaveu pour le Chef de l’Etat et sa politique. Il peut en minimiser la portée mais alors pourquoi avait-il envoyé au front sa garde rapprochée, Edouard Philippe, Christophe Castaner ou François Bayrou ? Tout un aéropage de ministres et de personnalités s’étaient déplacés à Pontoise et à Belfort pour soutenir les candidats macronistes.

    Les électeurs ont sanctionné clairement Emmanuel Macron car il n’est pas le Président du pouvoir d’achat. Les Français n’ont rien vu sur leurs fiches de paie qui pourrait donner du sens à cette ambition. Les retraités subissent durement la hausse de la CSG, les fonctionnaires sont les grands perdants, les agriculteurs ne voient toujours rien venir et les salariés du privé rendent à l’Etat par une foultitude de nouvelles taxes les quelques euros qu’ils ont gagnés à travers la réforme de la CSG.

    Les Français commencent à cerner le « nouveau monde » qu’Emmanuel Macron leur a vendu durant la campagne. C’est beaucoup de communication, des annonces médiatiques tous les jours mais, au final, peu d’euros supplémentaires à la fin du mois pour une majorité des Français et des classes moyennes qui souffrent.

    La France est de retour sur la scène international. C’est un fait. Mais concrètement, qu’est que ça change pour le quotidien de la quasi-totalité de nos compatriotes ? Rien ou peu de choses.

     

    Les résultats de ces deux législatives partielles sonnent donc comme un avertissement pour Emmanuel Macron. Les électeurs mécontents lui ont attribué un carton jaune.

    Le Chef de l’Etat ne doit plus laisser une partie des Français sur le bord du chemin.

    Faute de quoi les électeurs pourraient se rebeller lors des prochains scrutins et lui infliger un carton rouge…