• Le premier tour de la présidentielle n’est pas joué d’avance

    Depuis plusieurs semaines, tous les instituts de sondage placent invariablement Marine Le Pen en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle. Tous disent que, si l’élection avait lieu dimanche, la présidente du Font National se qualifierait haut la main pour la finale. Qui plus est en terminant première.

    Du coup, tous les autres candidats paraissent résignés et semblent désormais se battre pour la deuxième place. Une deuxième place qui serait synonyme de qualification pour le second tour. Une deuxième place qui, pensent-ils, leur assurerait à coup quasiment sûr un ticket gagnant pour l’Elysée.

    Magistrale et cruelle erreur.

    Pourquoi ?

    Parce qu’à force d’évoquer le fameux « plafond de verre » qui empêcherait Marine Le Pen de transformer au second tour l’essai qu’elle marque désormais systématiquement au premier tour, il va finir par s’écrouler. Et la candidate populiste va finir par être élue.

    Parce qu’à jouer systématiquement sur la présence de la fille de Jean-Marie Le Pen au second tour, on oublie de la combattre sur ses idées au premier. On concentre ses flèches sur les potentiels deuxièmes. Du coup, la candidate d’extrême-droite joue dans un fauteuil. Empêtrée jusqu’au cou dans les affaires judiciaires, elle peut rester sur sa position préférentielle : la « victime du système ». Elle n’a même pas besoin de justifier les énormités de son programme car elle n’est pas attaquée.

    Parce qu’à estimer que Marine Le Pen est d’ores et déjà qualifiée pour la finale élyséenne, chaque candidat tend à se recroqueviller sur son socle électoral. Sans essayer d’élargir sa base dès le premier tour. Mauvaise tactique car à trop vouloir séduire sa base, on risque de se couper, durablement, des autres électeurs. Un électorat qu’il faudra bien convaincre en mai prochain.

    Pour ma part, je me refuse à penser que le premier tour de l’élection présidentielle est joué d’avance.

    Je suis persuadé que, pour peu qu’on mette le combat des idées en avant, on peut susciter un vote d’adhésion. François Fillon, le candidat que je soutiens, a un programme économique et social ambitieux, clair et crédible. Il apporte à mon sens le remède dont la France a besoin pour se guérir de cinq ans de socialisme. Il faut en faire la pédagogie. Encore et encore. Il faut convaincre les Français du bien-fondé des réformes proposées. Il faut donner aux électeurs une envie d’alternance.

    Il faut également critiquer les propositions et les outrances de Marine Le Pen. Montrer que ce que souhaite la candidate du FN mettrait la France au ban de l’Europe. Non, madame Le Pen, le Frexit n’est pas LA solution. Non, madame Le Pen, la guérison des maux actuels de notre pays ne viendra pas par une sortie de la France de l’Europe.

    Il faut combattre Marine Le Pen sur le terrain des idées et des propositions. C’est à ce prix qu’on montrera aux électeurs que le programme frontiste apporterait le chaos dans le pays. C’est comme ça que Marine Le Pen pourra être éliminée dès le premier tour de l’élection présidentielle.