• L’abandon de NDDL signe probablement la fin de tous les grands projets d’aménagement en France…

    Après plus de 50 ans d’atermoiements et de renoncements, après une énième concertation-opération de communication, Edouard Philippe a annoncé que le projet d’implantation d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes était abandonné.

    Si on peut se féliciter qu’une décision -définitive ?- soit enfin prise sur un dossier qui empoisonne la vie publique depuis plusieurs dizaines d’années, ce choix interpelle. Ses conséquences sont désastreuses à plus d’un titre.

    D’abord, le Président Macron vient de déjuger le candidat Macron. « Il y a eu un vote, mon souhait est de le respecter et de faire l’aéroport » avait martelé Emmanuel Macron, en avril 2017, en pleine campagne présidentielle. Promesse non tenue, donc.

    Ensuite parce que la volonté d’agrandir l’actuel aéroport de Nantes, situé dans une zone fortement urbanisée, va vite se heurter au principe de réalité. Cette option nécessite en effet de reprendre le dossier depuis le début.

    Entre le débat et l’enquête d’utilité publique et les innombrables recours qui ne manqueront pas d’être déposés, la procédure promet d’être longue et compliquée. Les premiers coups de pioches pourraient ainsi n’être donnés que dans plusieurs années, une fois que toutes les actions contentieuses auront été épuisées. En l’état actuel du droit, il paraît peu probable que le chantier démarre avant la fin du quinquennat.

    Abandonner le projet de NDDL obligera également l’Etat à indemniser Vinci, le concessionnaire. Ce fiasco financier rappelle le précédent de l’écotaxe, quand l’Etat avait dû verser près d’un milliard d’euros à la société Ecomouv après avoir renoncé à une écotaxe pourtant validée à une très large majorité par le Parlement.

    Emmanuel Macron connaît très bien le dossier Ecomouv. Quand la société a été liquidée, fin 2014, le ministre de l’Economie de François Hollande se nommait en effet… Emmanuel Macron.

    Dans le cas de NDDL, on parle d’une indemnisation qui pourrait atteindre quelque 350 millions d’euros. 350 millions d’euros d’argent public. 350 millions d’euros versés par tous les contribuables.

    Abandonner le projet de NDDL revient par ailleurs à rayer d’un trait le résultat du référendum organisé en juin 2016 en Loire-Atlantique. 51% des électeurs s’étaient déplacés aux urnes et avaient validé à plus de 55% la construction d’une nouvelle plateforme aéroportuaire à Notre-Dame-des-Landes.

    On demande l’avis au peuple et la décision prise va à l’encontre de cet avis ? C’est une curieuse conception de la démocratie…

    Enfin, abandonner NDDL revient à passer outre l’Etat de droit. Je rappelle en effet que, depuis cinquante ans, toutes les procédures liées au projet de construction de l’aéroport ont été validées par les élus et autorités administratives, tous les recours rejetés par les juridictions concernées. On parle ici de 179 décisions de justice. Toutes favorables au projet de NDDL.

    Cette incroyable décision aura des conséquences lourdes.

    Plus qu’un reniement de la parole publique et un abandon de l’Etat de droit, cette décision est une défaite de la démocratie. C’est également une défaite de la décentralisation et une recentralisation évidente du débat public.

    Surtout, l’abandon de NDDL signe probablement la fin, pour des années, de tous les grands projets d’aménagement en France. Le dossier de NDDL a montré la voie à suivre aux contestataires et opposants professionnels de tous horizons : pour chaque grand projet, ils savent désormais qu’en mettant la pression sur un Etat faible, ils ont to