• La gratuité… payante

    Gratuité [ɡʁa.tɥi.te] (substantif féminin) : caractère de ce qui est fait ou donné sans qu’il en coûte rien, dont on jouit sans payer.

    Telle est la définition du terme « gratuité » dans le Petit Larousse illustré.

    Une définition claire et limpide même si rien ne vaut une illustration concrète et locale pour mieux comprendre.

    Prenons le cas des transports scolaires. En Côte-d’Or, ils sont actuellement gratuits. C’est-à-dire que les jeunes côte-d’oriens profitent quotidiennement des bus scolaires sans que leurs familles n’aient à débourser le moindre euro.

    A compter du 1er septembre prochain, ce service passera dans le giron de la Région Bourgogne-Franche-Comté.

    Ce n’est pas moi qui l’ai voulu. Je n’ai pas voté la loi mais c’est la loi. Dura lex, sed lex.

    Quand on consulte le programme de Marie-Guite Dufay, présenté lors de la campagne des régionales de 2015, il est écrit noir sur blanc que celle qui est devenue la Présidente de la Région Bourgogne-Franche-Comté en janvier 2016 souhaitait « protéger le pouvoir d’achat des ménages… en garantissant la qualité et la gratuité des transports scolaires » (proposition n° 57).

    Concrètement, durant la campagne, les socialistes s’étaient engagés, en cas d’élection, à maintenir la gratuité des transports scolaires pour les familles de la grande région, et donc des Côte-d’Oriens. Dont acte.

    Pourtant, au fur et mesure que le transfert de la compétence « transports scolaires » approche, on se rend compte que le terme « gratuité » n’a pas le même sens dans le langage socialiste que dans le dictionnaire.

    Intervenant devant des élus de Haute-Saône, le sémillant Michel Neugnot a suggéré qu’une « participation serait demandée aux familles via le ticket modérateur ». De la novlangue socialiste, incompréhensible par le vulgus pecus, dont le seul objectif est de le plonger dans un épais brouillard.

    Mais creusons un peu. Cette participation est évaluée par l’élu entre « 6 et 10% du coût global payé par la collectivité régionale ».

    Des précisions qui, du coup, donnent une toute autre perception de la gratuité version Rue de Solférino.

    En Côte-d’Or, le coût annuel moyen d’un élève transporté atteint 1.200 euros. Si la Région venait à appliquer le théorème de Neugnot, il pourrait donc en coûter 120 euros par enfant transporté aux familles côte-d’oriennes concernées.

    Si cela se vérifie, Marie-Guite Dufay et son équipe auront, en à peine un an, inventé la gratuité… payante !