• Hollande revient…

    S’il est élu Président de la République, dimanche 7 mai, Emmanuel Macron ne sera pas dépaysé. Il connaît parfaitement la maison Elysée pour avoir accompagné François Hollande depuis 2012.

    En tant que conseiller du Chef de l’Etat, puis secrétaire général adjoint de la Présidence de la République, Emmanuel Macron occupait un bureau voisin de son mentor. C’est là qu’il a inspiré la politique économique du quinquennat.

    François Hollande a ensuite promu son protégé en le nommant ministre de l’Economie, en août 2014. Il fallait remplacer l’imprudent Montebourg par un fidèle qui partageait les mêmes orientations politiques que lui. Hollande n’a guère hésité à faire revenir son favori auprès de lui.

    En plus, la stratégie était pertinente. Macron allait pouvoir mettre en œuvre lui-même la politique économique qu’il avait inspirée et soufflée à Hollande dès 2012.

    Une politique qui a produit les effets que l’on connaît : 5,5 millions de chômeurs et presque 9 millions de personnes touchées par la pauvreté à la fin du quinquennat.

    Alors que tous les sondages lui prédisent l’Elysée, Emmanuel Macron s’inspire de son mentor et cherche la synthèse.

    En voulant ménager la chèvre et le chou, en prenant garde de ne brusquer personne. Il rassemble derrière lui un attelage improbable d’ex-gloires du PS et de personnalités SDF, Sans Direction Fixe, qui vont du communiste Robert Hue au copéiste Lemoyne. C’est incohérent, politiquement instable, mais pour l’instant, ça marche. Apparemment !

    Et depuis plusieurs jours, la maison « En marche » accueille nombre d’anciens ministres et fidèles de François Hollande. Jean-Pierre Mignard, Jean-Yves Le Drian, Barbara Pompili et, dernier en date, Manuel Valls, ont ainsi trouvé le gîte au sein de l’auberge Macron.

    Tous sont largement comptables et co-responsables du fiasco actuel.

    Macron nous vend du neuf et du renouvellement lors de ses meetings mais tous ceux qui intègrent son équipe ont déjà servi François Hollande lors des cinq dernières années. Si le recyclage est porteur, écologiquement parlant, il va à l’encontre du « renouveau politique ».

    Finalement, Emmanuel Macron, c’est François Hollande qui en parle le mieux. « Emmanuel, c’est moi » a-t-il confié aux journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme, lesquels ont relayé la parole présidentielle dans leur dernier livre, « Un Président ne devrait pas dire ça… »).

    Voilà qui a le mérite de la clarté. Macron, c’est quelque part Hollande qui revient.

    Alors, votons Fillon. Sans état d’âme.