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    François Rebsamen, reposez-vous

    Alors que la fin d’année est généralement une période de paix, de vœux, de cadeaux et de trêve, François Rebsamen s’agite et perd ses nerfs. Comme bien souvent quand lui ou la collectivité qu’il dirige sont pointés du doigt, il allume des contre-feux. Pour détourner les regards. Pour faire oublier ses propres turpitudes.

    En ce moment, le maire de Dijon en a clairement après le Département de la Côte-d’Or. C’est devenu une fixation.

    Lundi soir, lors de la dernière réunion du conseil municipal de Dijon, François Rebsamen s’en est encore pris à son meilleur ennemi. Le Président du Conseil départemental.

    Alors que la chambre régionale des comptes a épinglé la ville de Dijon pour des carences en matière de personnel et de gestion, François Rebsamen n’a en effet rien trouvé de mieux pour se défendre que d’appeler la juridiction financière à contrôler le Conseil départemental.

    François Rebsamen ayant visiblement la mémoire courte, je veux en profiter pour lui rappeler les errements locatifs de son ancien directeur de cabinet, que la CRC dénonçait en février 2016 dans son rapport sur la ville de Dijon :

    « La ville de Dijon a conclu un bail le 26 mai 2005 pour cet appartement, pour un loyer annuel de 14 200 € révisable chaque année […]. Par arrêté municipal du 22 décembre 2010, ce bail a pris fin le 1er janvier 2011 […].

    Le bail précité a été conclu avec une SCI composée du père et de l’épouse du directeur de cabinet, représentée par cette dernière en sa qualité de gérante.

    Les sommes versées par la ville pour la location du logement de fonction du directeur de cabinet du maire ont, pour moitié environ, bénéficié au même directeur-lequel occupait par ailleurs ce logement à titre gratuit- et ont été versées en totalité à des membres de sa proche famille : son père et son épouse.

    La Chambre observe que le directeur de cabinet du maire a ainsi irrégulièrement bénéficié d’un complément indirect de revenus de la part de la commune… ».

    En clair, François Rebsamen a laissé son directeur de cabinet s’enrichir sur le dos des contribuables dijonnais. Interrogé sur le sujet, le maire s’était borné à répondre que la situation avait été « régularisée en son temps ». Fermez le ban.

    Il s’agit d’accusations graves et argumentées. On peut également citer, sans entrer dans le détail tellement il y a matière, les critiques de la juridiction sur la dette de Dijon, dont 39% sont à risque fort, l’endettement transféré de la ville à l’agglomération, la hausse de la fiscalité directe depuis 2008, bien supérieure aux taux moyens observés dans des villes similaires, un manque de transparence dans la gestion du personnel -absence d’organigramme notamment- et concernant les marchés publics, notamment ceux pour les manifestations, la communication et les réceptions gérés par le cabinet du maire.

    Je veux également rappeler qu’à l’automne 2015, les médias avaient dénoncé l’attitude de François Rebsamen. Lequel n’avait pas hésité à faire pression en haut lieu pour brider les investigations des magistrats financiers.

    Mais François Rebsamen n’en a cure et tente de détourner les regards ailleurs. Lundi soir, il a ainsi affirmé que le Conseil départemental avait « beaucoup de dépenses de réception ». Ce n’est pas chiffré, c’est lancé à la volée… Mais c’est faux. A la limite de la diffamation.

    Je rappelle ainsi à François Rebsamen que la collectivité que je préside a été contrôlée en 2013 par la Chambre régionale des comptes. Les magistrats financiers n’ont rien trouvé à redire sur la gestion du Conseil départemental, saluant même ses efforts en matière de réduction des dépenses.

    Non, François Rebsamen, la vie politique locale, ce n’est pas diffamer et jeter la suspicion. Le Conseil départemental de la Côte-d’Or est une collectivité gérée efficacement, avec une majorité solide et unie, qui travaille au service de tous les Côte-d’Oriens.

    Non, François Rebsamen, le Conseil départemental n’augmente pas ses impôts depuis quatre ans, n’a pas souscrit d’emprunt toxique, ne s’est pas déchargé de sa dette sur une autre collectivité, respecte scrupuleusement le Code des Marchés publics et n’est pour rien dans la recrudescence des actes violents signalés dans l’agglomération dijonnaise.

    Alors que l’Europe est aux prises avec le terrorisme et que les Français se débattent dans la crise, je suggère donc à celui qui a vu la Place Beauvau lui échapper pour la deuxième fois du quinquennat de garder ses nerfs et ses forces pour aller à l’essentiel et de s’occuper de régler les problèmes dans sa ville et notamment l’augmentation de la délinquance. Les Dijonnais ont besoin de sérénité. Pas d’un agitateur permanent qui refuse d’assumer ses responsabilités.

    Je souhaite néanmoins un joyeux Nöel à François Rebsamen. J’espère qu’il mettra à profit les fêtes de fin d’année pour se reposer et revenir en 2017 avec un esprit constructif et moins aigri. La politique locale en sortirait grandie.