• François Hollande fait la tournée des popotes

    François Hollande continue de tuer le temps en attendant l’élection présidentielle. Pendant que ses anciens ministres s’écharpent dans la campagne, entre les pro-Hamon, les partisans de Macron et ceux qui ont soutenu Valls, le Chef de l’Etat inaugure, commémore et fait la tournée des adieux.

    Une tournée qui le conduira demain, mardi 21 mars, chez son copain Rebsamen, à Dijon.

    Il faut dire qu’il y a matière à célébrer et à se féliciter dans la capitale de Bourgogne-Franche-Comté. François Rebsamen n’en finit plus de se gargariser des deux récents « succès » qu’il a obtenus pour sa ville. Entre la création de la future métropole et la Cité de la Gastronomie qui va finalement pouvoir accueillir son multiplexe cinématographique, François Rebsamen marche sur l’eau.

    Tant pis si le centre-ville se meurt à petit feu. Tant pis si Johnson & Johnson envisage de déménager son site dijonnais, laissant plusieurs dizaines de salariés dans l’expectative. Tant pis si les voitures continuent de brûler dans les quartiers de l’agglomération. Rebs veut du pétillant, du clinquant. Pour la poussière, on le met sous le tapis. On verra plus tard.

    Et tant pis si les détracteurs de l’ancien ministre du Chômage s’interrogent sur la finalité de la métropole et de la Cité de la Gastronomie. Tant pis si certains se demandent si ces deux projets ne sont pas, au mieux, des coquilles vides.

    Normal, donc, que le maire de Dijon ait convié son vieil ami à venir passer un moment dans la cité des Ducs de Bourgogne. François Hollande s’ennuie. Depuis qu’il a renoncé à briguer sa succession, plombé par une impopularité record, il gère les affaires courantes du pays. Plus personne ne le sollicite. Il faut bien s’occuper. En souvenir du bon vieux temps, quand les deux hommes présidaient à la destinée d’un PS désormais en état de mort clinique.

    Et puis, ce sera également l’occasion pour François Rebsamen de remercier celui qui a permis l’émergence de, non pas une Cité de la Gastronomie, unique et au rayonnement international, mais d’un réseau de petites cités.

    Rappelons-nous. C’était en octobre 2012. Refusant de choisir entre les cinq villes candidates, François Hollande avait porté sur les fonts baptismaux un Réseau des Cités de la Gastronomie. Pour satisfaire tous ses amis socialistes. Tout l’art de la synthèse et du non-choix qui allaient ensuite marquer tout le quinquennat.

    Ce non-choix présidentiel explique notamment que François Rebsamen soit désormais obligé de mettre des cinémas, parkings, hôtels et autres logements dans sa Cité de la Gastronomie. Pour la remplir. Car répartie sur plusieurs villes, la Cité de la Gastronomie a perdu de sa substance. La structure dijonnaise apparaît comme une simple opération d’urbanisme.

    C’est donc un Chef de l’Etat inaudible qui sera à Dijon demain. Il va multiplier ainsi les déplacements jusqu’en mai.

    Ensuite, le nouveau pouvoir sorti des urnes devra passer aux choses sérieuses. Il devra s’atteler à redresser le pays mis à mal par cinq ans de socialisme.

    Pour François Hollande, il sera alors temps de tourner la page : l’ancien Président pourra notamment se retirer en Corrèze pour rédiger ses mémoires. On a tant et tant écrit sur lui, on l’a tellement fait parler qu’on est impatient d’entendre sa part de vérité…