• Dufay et Montel ont menti aux électeurs de BFC

    En décembre 2015, 34,68% des électeurs de Bourgogne-Franche-Comté ont voté pour la liste de Marie-Guite Dufay, 32,89% pour la liste que je conduisais et 32,44% pour celle emmenée par Sophie Montel. Un résultat extrêmement serré qui aurait dû obliger le vainqueur à l’humilité et au respect des promesses faites.

    Un peu plus d’un an après l’élection de Marie-Guite Dufay à la présidence de la grande région, il est temps de dresser un premier bilan de l’action de l’exécutif régional et de la vie de l’Assemblée de Bourgogne-Franche-Comté.

    Force est de constater que les 402.948 électeurs de Marie-Guite Dufay ont été trompés. Je pèse mes mots.

    Non seulement plusieurs promesses de campagne de la gauche ont été purement et simplement trahies mais certaines décisions prises par Marie-Guite Dufay auraient pu changer le résultat si elles avaient été annoncées avant l’élection.

    Parmi les promesses de campagne non tenues, citons-en une, emblématique, la gratuité des transports scolaires pour les familles de Bourgogne-Franche-Comté. Elle était inscrite noir sur blanc dans le programme de Marie-Guite Dufay. On sait depuis quelques semaines que la gratuité a été enterrée par la gauche. Les familles de BFC seront contraintes de débourser plusieurs dizaines d’euros pour payer le transport scolaire de leurs enfants.

    Marie-Guite Dufay n’avait jamais annoncé durant la campagne qu’elle augmenterait l’indemnité des élus au maximum de ce qui est prévu par la loi sitôt arrivée au pouvoir. Jamais elle n’avait indiqué aux Francs-Comtois que la taxe sur les cartes grises serait aussi fortement relevée (+41%), au niveau de la Bourgogne, quand elle briguait le suffrage des électeurs.

    Marie-Guite Dufay aurait-elle eu la courte majorité qu’elle a obtenue en décembre si les électeurs l’avaient su au préalable ? Je ne le crois pas.

    Et que penser des chicayas et autres querelles insignifiantes qui alimentent régulièrement la chronique de la vie de la majorité régionale ?

    Il faut dire que l’histoire d’amour entre Marie-Guite Dufay et la Bourgogne-Franche-Comté a mal commencé. Dès le premier jour, la tête de liste socialiste a été lâchée en rase campagne par deux élus PRG qui souhaitaient peser pour obtenir le droit de créer un groupe -de deux-.

    Ensuite, tout a dérapé. Plusieurs élus jurassiens se sont publiquement désolidarisés de leur présidente sur le dossier des Center Parcs. Un projet qui figurait pourtant dans le programme de campagne validé par tous avant l’élection de décembre 2015.

    Et que dire du malaise grandissant chez les 4.000 agents de la collectivité qui se sentent malmenés. Que de temps perdu…

    Les 376.911 électeurs de Sophie Montel ont également été trompés. Car madame Montel, mère la vertu, toujours prompte à faire la morale ou à donner des leçons à la terre entière, est une piètre opposante.

    Depuis un an, les conseillers régionaux FN se sont montrés inexistants sur le fond des dossiers.

    La plupart se contente de lire les interventions que leur ont préparées leurs assistants. Sans en comprendre parfois tout le sens. Ce n’est pas moi qui le dis mais une élue FN de Saône-et-Loire.

    Une élue qui a dit récemment tout le mal qu’elle pensait du fonctionnement du groupe. Elle a même annoncé la prochaine création, après les élections du printemps, d’un groupe « dissident ». Parce qu’au Front National, la majorité est plurielle : entre pro-Marine Le Pen et pro-Marion Le Pen, le Front National est certes une histoire de famille mais chacun a vu que cette famille se brouiller violemment.

    Si, en décembre 2015, les électeurs de BFC avaient su qu’ils seraient trompés en votant pour Dufay ou Montel, la face du monde n’en eût probablement pas été changée.

    Mais celle de la Bourgogne-Franche-Comté, si.