• De la calomnie comme stratégie électorale…

    Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose, disait Francis Bacon, philosophe anglais de la fin du XVIème-début du XVIIème siècle…

    Cette méthode, qui consiste à jeter en pâture, comme l’a fait Mediapart, l’honneur d’un homme et la réputation d’une institution au prétexte d' »impressions », de « soupçons » ou de « rumeurs », est détestable. Ce n’est pas du tout l’idée que je me fais de l’action publique. Ce n’est pas du tout ma conception de la chose publique.

    Je suis journaliste de formation.

    Quand j’écrivais mes articles, je me basais sur des faits. Je recueillais des témoignages. Je les vérifiais et les recoupais avant de les publier. Il ne me serait pas venu à l’idée une seule seconde de mettre en cause la réputation d’un homme sans être complètement sûr.

    Quand j’étais journaliste, je mettais également un point d’honneur à interroger exclusivement des « sources » et interlocuteurs fiables. Je n’aurais ainsi jamais imaginé écrire un article sur un homme politique en me basant exclusivement sur des informations fournies par un rival politique.

    On voit bien le risque.

    On peut, sur la base de rumeurs ou d’informations fausses, tenter de jeter le déshonneur sur un individu ou le discrédit sur une institution. On peut les clouer au pilori et les exposer à la vindicte populaire par le biais d’un seul papier.

    C’est ce que m’a fait vivre Mediapart, avec la collaboration active de l’opposition de gauche au Conseil départemental de la Côte-d’Or.

    Ce sont tout d’abord les élus de gauche qui, unanimement, ont saisi la Procureure de la République de « soupçons » d’accusations gravissimes, qui mettent en cause ni plus ni moins que ma probité, mon honnêteté et la qualité du travail de l’administration départementale.

    Peu importait alors à mon opposition les explications détaillées et publiques que je lui avais apportées en session plénière du Conseil départemental.

    Ces accusations étaient portées alors que se dessinait la campagne des élections départementales de mars 2015. On voit bien le but recherché par cette manœuvre. Il s’agissait de me nuire personnellement.

    Quand Mediapart a publié un article sur cette pseudo affaire, en janvier 2016, les mots utilisés par la journaliste ne laissaient que peu de place au doute.

    En tant que ancien ministre de Nicolas Sarkozy, je ne pouvais être que coupable. On connaît l’amour que Mediapart porte à l’ancien Chef de l’Etat. « Tambouille locale », « baron local », « bonne affaire », « détournement de fonds publics », « délits de favoritisme » ou « le sens de la solidarité bien à lui de François Sauvadet », tout, dans cet article, restait à charge.

    Ma culpabilité était, selon eux, prouvée. En un seul article, j’étais coupable des pires délits pour un élu.

    Sur le seul fondement de « soupçons » d’opposants politiques et par la seule démonstration d’une journaliste.

    Or, près de 18 mois après les dénonciations calomnieuses des Forces dites de « progrès » et après une enquête minutieuse, le Parquet financier de Paris vient de trancher.

    Et qu’a-t-il décidé ?

    Il a prononcé le classement sans suite de l’enquête préliminaire.

    Qu’est-ce que cela signifie ?

    Cela signifie qu’après avoir perquisitionné les locaux du Conseil départemental, après avoir entendu les principaux protagonistes et de nombreux agents départementaux, après avoir tout épluché, le Parquet a estimé qu’il n’avait aucun élément pour poursuivre ses investigations.

    18 mois après le début de l’affaire, le Parquet national financier vient donc de rétablir mon honneur.

    J’aurais aimé des excuses de la part de ceux qui m’avaient accusé à tort et un article signalant cette décision de justice dans Mediapart.

    J’attends encore… Et sans doute pour longtemps.