• Cap sur les législatives

    Dimanche 23 avril dernier, les 37 millions d’électeurs qui se sont rendus aux urnes ont porté Emmanuel Macron et Marine Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle. François Fillon, le candidat que je soutenais, a échoué sur la troisième marche du podium à 1,29% près.

    Je le regrette.

    Victime d’un acharnement médiatique sans précédent, François Fillon a été dans l’impossibilité de présenter à l’ensemble des Français les propositions validées par près de 3 millions d’électeurs lors de la primaire de la droite et du centre.

    C’est d’autant plus regrettable qu’avec 20,01% des suffrages, soit un peu plus de 7,2 millions de voix, il n’est devancé par Marine Le Pen que de 500.000 voix.

    Ce résultat du premier tour doit résonner comme un avertissement pour les électeurs de la droite et du centre. La division a conduit à cette situation inédite. En l’occurrence un deuxième tour entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

    Il suffit de comparer les chiffres des scrutins présidentiels de 2012 et de 2017 pour comprendre que la division et l’absence de mobilisation sont responsables de l’absence de François Fillon au deuxième tour.

    En 2012, Nicolas Dupont-Aignan avait recueilli 1,79% des suffrages au premier tour de la présidentielle, soit 643.000 voix. En 2017, il a réalisé 4,7% des exprimés, soit presque 1,7 million de voix.

    Il ne faut donc pas chercher plus loin une des raisons de la défaite de François Fillon. Si les aléas de la campagne n’ont pas contribué à rassembler les électeurs de la droite et du centre derrière lui, la division a clairement signé son absence au deuxième tour. Et donc son échec.

    On peut d’ailleurs s’interroger sur l’utilité d’un mouvement tel que Debout la France. Il a fait perdre la droite et le centre aux régionales de 2015 en Bourgogne-Franche-Comté. Il fait perdre la droite et le centre à la présidentielle en 2017. A chaque fois, ce parti joue contre son camp.

    Pour quels résultats ? Aucun si ce n’est que, dans les deux cas, il porte la gauche au pouvoir…

     

    Et maintenant ?

    Dimanche 7 mai prochain, je voterai contre Le Pen et pour Macron, seul candidat républicain encore en lice.

    Je le ferai sans état d’âme. Parce que je déteste la démagogie, le populisme, l’extrémisme en politique.

    Pour autant, je n’ai pas l’intention d’accorder un blanc-seing à Emmanuel Macron. Je voterai pour faire barrage à l’extrême-droite. Pas par conviction.

    Je n’oublie pas nos divergences sur son programme.

    Je n’oublie pas, non plus, que l’échec du quinquennat actuel est largement imputable à la politique économique de François Hollande, imaginée et mise en musique par Emmanuel Macron.

    Je n’oublie pas, enfin, qu’Emmanuel Macron est assurément un des héritiers de François Hollande. Toutes les paroles du Chef de l’Etat, toutes les tractations actuelles entre PS et En Marche, toutes les déclarations des membres du gouvernement nous montrent clairement que le quinquennat Macron sera d’inspiration de gauche.

    J’aimerais que tous ceux, à l’intérieur de notre camp, qui envisagent de se rallier aient la décence de ne pas se précipiter.

     

    La droite et le centre doivent se ressaisir et parvenir à obtenir la majorité à l’Assemblée nationale à l’occasion des législatives de juin.

    Car ne nous trompons pas d’enjeux. Nous avons encore les moyens de limiter les dégâts.

    Un Président préside, certes, mais c’est le Premier ministre qui gouverne. C’est le Premier ministre qui met en œuvre ses propositions. C’est le Premier ministre qui impulse sa politique.

    Aussi, les législatives de juin sont largement aussi importantes pour l’avenir du pays que le deuxième tour de la présidentielle.

    Il est inutile de jouer à se faire peur. Macron sera Président.

    Le programme de Marine Le Pen inquiète. Les Français ont parfaitement conscience que la solution à leurs problèmes ne viendra pas d’un abandon de l’euro ou d’une sortie hasardeuse de l’Union européenne.

    J’ai confiance dans le vote des Français. Notre pays n’aime pas les populistes. Il le dira au deuxième tour.

     

    La droite et le centre doivent donc d’ores et déjà mettre résolument le cap vers les législatives.

    François Baroin s’est dit disponible pour assumer Matignon en cas de majorité de la droite et du centre à l’Assemblée nationale.

    Cela me va parfaitement.

    Je connais François Baroin. J’ai travaillé à ses côtés quand j’étais au Gouvernement de François Fillon, lors du quinquennat de Nicolas Sarkozy. C’est un homme mesuré, compétent, qui a incontestablement la carrure d’un homme d’Etat.

    Il fédère la droite et le centre, les anciens et la nouvelle génération. Il a la confiance des élus locaux. Il ferait à n’en point douter un excellent Premier ministre.

    J’appelle donc tous les électeurs de la droite et du centre à faire bloc et à se projeter vers les législatives de juin.

    Si notre camp est uni et tire dans la même direction, il est tout à fait possible d’obtenir une majorité claire et solide au Palais-Bourbon. Pour mettre en place une vraie alternance.

    Mais il faut pour cela éviter les erreurs de la présidentielle. Il faut mettre les divisions de côté. Il faut arrêter les querelles intestines et les chicayas de cour de récréation. C’est l’avenir de notre pays qui est en jeu. La France ne peut pas se permettre un nouveau quinquennat d’immobilisme ou, pire, de régression.

    L’heure des règlements de compte n’est pas arrivée. J’entends les aigris et les revanchards de mon camp sonner la révolte. Les mêmes qui défendaient encore le programme de François Fillon deux jours avant le premier tour.

    Je les appelle à la raison. Ne nous tirons pas une nouvelle balle dans le pied. Il faut serrer les rangs. Pas nous disperser en déclarations tapageuses et haineuses qui ne feront pas évoluer les débats d’un iota.

    La droite et le centre doivent avancer unis vers les législatives. Nous avons de bons candidats. Des candidats qui sont bien implantés dans les territoires, reconnus et bien organisés. Ne laissons pas le poison de la division mettre à mal nos chances de victoire.

    Il n’y a pas de place pour la dissidence. L’union est une obligation. Pas une option. Dans toutes les circonscriptions, la droite et le centre doivent présenter un seul candidat.

    C’est à ce prix qu’en juin prochain, nous pouvons espérer avoir une majorité à l’Assemblée nationale.

    Faute de quoi, le pays sera reparti pour cinq ans de politique hasardeuse.

    Ou pire, il pourrait être ingouvernable si aucun des partis en lice n’obtient une majorité claire.

    Et ça, je m’y refuse.