• Ça va mieux… en Europe !

    Avant de renoncer, piteusement, à briguer un nouveau mandat, François Hollande avait fait du « Ça va mieux » son futur slogan de campagne. Une antienne répétée avec une conviction quasi-religieuse lors de chaque rendez-vous avec les médias.

    Or, si l’on en croit les prévisions économiques dévoilées lundi 13 février par la Commission européenne, ça va effectivement mieux. Bien mieux en Europe. Mais pas si bien en France.

    Déficit, croissance, dette… Tous les indicateurs européens sont au vert quand la France passe à l’orange.

    Alors que Paris a affiché une prévision de déficit public à 2,7% du PIB en 2017, Bruxelles tempère l’enthousiasme de Bercy. Si le déficit devrait effectivement être en dessous de la barre fatidique des 3% du PIB, les financiers européens le voient plutôt à 2,9% du PIB.

    Pas si mal me direz-vous. C’est vrai.

    Mais cette « bonne nouvelle » doit être aussitôt relativisée quand on se rappelle ce qui était promis par François Hollande en 2012. « Le déficit public sera réduit à 3% du PIB en 2013 » affirmait le candidat Hollande dans son programme. Il concluait même par un péremptoire « Je rétablirai l’équilibre budgétaire en fin de mandat » (engagement n° 9).

    On sait ce qu’il est advenu. Un quinquennat plus tard, nous voilà revenus au point de départ.

    Et la croissance ?

    Là encore, la Commission est optimiste pour la zone euro puisqu’elle annonce une hausse du PIB de 1,6% en 2017 et 1,8% en 2018.

    Pour la France, malgré des taux d’intérêts bas, un recul de l’euro face au dollar et une baisse du prix du pétrole, la croissance devrait être moindre. Les économistes européens annoncent ainsi 1,4% de croissance en 2017 et 1,7% en 2018. La France resterait donc désespérément engluée dans une croissance molle, faute d’avoir entrepris les réformes structurelles indispensables.

    Enfin, quid de la dette publique ?

    En France, la dette devrait continuer de grimper, grimper, grimper… pour atteindre plus de 2.100 milliards d’euros, soit 96,7% du PIB. Ce sont 6 points supplémentaires par rapport au deuxième trimestre de 2012, quand la gauche est arrivée au pouvoir. La limite psychologique des 100% du PIB n’est plus très loin.

    Au final, si ça va effectivement mieux dans la zone euro, la France demeure à la traîne d’une Union européenne plus dynamique.

    Après la Cour des Comptes, la semaine dernière, c’est donc au tour de la Commission européenne d’adresser un avertissement à la France. Et un avertissement aux candidats à l’élection présidentielle.

    Bruxelles rappelle en effet que la crédibilité économique, financière et politique de la France est engagée et que le pays ne doit pas dévier de sa trajectoire.

    Le prochain Président de la République sait ce qui l’attend. Il aura fort à faire pour convaincre ses partenaires et maintenir le pays à flot…