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    100 premiers jours laborieux, encore 1.725 jours…

    Déjà 100 jours.

    C’était le 7 mai 2017. Il y a tout juste 100 jours qu’Emmanuel Macron a été élu Président de la République.

    L’heure de dresser un premier bilan de son action à l’Elysée tant on a coutume de dire que ce sont les 100 jours originels qui façonnent le reste du quinquennat.

    Si, sur le plan international, Emmanuel Macron est à créditer d’un quasi sans-faute, son action au niveau national souffre déjà de nombreux couacs et de plusieurs approximations. La faute notamment à un Premier ministre transparent dont on perçoit parfaitement qu’il a été placé là pour diviser la droite et qu’il est très loin d’avoir les coudées franches. La faute également à un Gouvernement et à une apprentie majorité parlementaire au sein desquels les bizuts et les « amateurs » sont particulièrement nombreux.

    Du coup, Emmanuel Macron paraît bien esseulé. Surtout qu’il est en première ligne sur quasiment tous les dossiers. Sans fusible.

    C’est donc à lui que revient la tâche d’éteindre toutes les polémiques qui ont fleuri un peu partout depuis mai. Jupiter a en effet réussi l’exploit de se fâcher avec beaucoup de monde en un peu plus de trois mois.

    En fait, avec quasiment tout le monde.

    Les élus locaux, chevilles ouvrières de notre démocratie de proximité, avec son projet de suppression de la taxe d’habitation ou son pseudo-pacte avec les communes, départements et régions qui consiste à faire avaler une purge de 13 milliards d’euros dans le budget des collectivités locales, les parlementaires, avec une Assemblée nationale devenue une simple chambre d’enregistrement des desiderata présidentiels.

    Après s’être servis d’eux durant la campagne, il a réussi à irriter les journalistes, triés sur le volet et chargés de répandre la bonne parole présidentielle.

    Il a exaspéré les Français modestes avec le coup de rabot de 5 euros sur les APL -« une connerie sans nom » selon Emmanuel Macron himself- ; il a contrarié la classe moyenne avec la hausse annoncée de la CSG dont on ne sait pas trop bien comment elle sera compensée, et les retraités qui, eux, paieront plein pot cette hausse de la fiscalité.

    Emmanuel Macron est parvenu à mécontenter les militaires, qui ont peu goûté la baisse de leurs crédits et la démission fracassante du chef d’état-major des armées, le général de Villiers.

    Plus globalement, c’est une majorité de Français qui lui reproche ses erreurs de communication, la démission rocambolesque de ses ministres « moralisateurs » estampillés MoDem, les démêlés judiciaires de plusieurs de ses proches ou la cacophonie sur les réformes fiscales.

    Résultat : après une courte période d’état de grâce, c’est maintenant la défiance qui accompagne les pas du Chef de l’Etat. Selon un récent sondage, deux tiers des Français sont désormais mécontents de son action. Même François Hollande, Président le plus impopulaire de la Vème République, n’avait pas connu un tel désamour dans l’opinion publique aussi rapidement.

    Les 100 premiers jours sont passés.

    Ce fut difficile et laborieux mais ces 100 jours ne préfigurent pourtant qu’une infime partie des difficultés qui attendent Emmanuel Macron. Il va falloir sérieusement repenser la méthode et revoir la copie en profondeur.

    Il lui reste 1.725 jours. 1.725 jours qui risquent de paraître bien longs aux Français…